Avec la condamnation de Marine Le Pen, en mars 2025, à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate, les ambitions présidentielles n’ont cessé de s’affirmer avec une profusion inédite. L’arrêt de la Cour d’appel, le 7 juillet, devrait mettre un terme à cette confusion qui favorise le RN.
Dès que la candidature de Marine Le Pen s’est révélée incertaine, les prétendants à l’Élysée ont rivalisé d’inventivité tactique, multipliant les calculs politiques fondés sur les personnes davantage que sur les idées. Issus de familles politiques proches, ils ne s’accordent même pas sur les règles de ce jeu électoral, prônant, selon les cas, une primaire simple ou unitaire, à géométrie variable plus ou moins à gauche, à droite ou au centre, élargie, ouverte, fermée, voire double. Le tout pour départager des candidats issus des partis politiques ou de la société civile. Tous ces prétendants s’échauffent en attendant le départ de la course.
Cette agitation désordonnée crée un brouhaha d’où émergent parfois quelques slogans ou des postures transitoires. Ne sachant pas s’ils devront affronter une habituée des campagnes présidentielles comme Marine Le Pen, qui en a mené trois sur son nom, ou à un jeune candidat inexpérimenté programmé pour être son fidèle second, la plupart des candidats potentiels s’efforcent d’incarner un credo ajustable en fonction de l’évolution des circonstances. Rien de précis n’est donc ressorti de cette période confuse qui tient davantage du jeu tactique interne que d’une adresse fondatrice en direction du pays.
Pendant que ses opposants s’entredéchiraient, Marine Le Pen les a observés. Et quand elle a longuement pris la parole sur LCI cette semaine pour exposer son état d’esprit, elle en a profité pour ajuster son nouveau profil de candidate en tenant compte des lacunes de ses adversaires potentiels. Moins agressive que par le passé, moins « dégagiste », elle va jusqu’à se dire « amoureuse presque transie de la Constitution ». Quand tout le monde se prétend gaulliste, elle se veut « gaullienne », en s’appropriant la grandeur de l’homme du 18 juin sans revendiquer un héritage qui ne saurait être celui de la formation fondée par son père. Assurant plusieurs fois, et contre toute vraisemblance, qu’elle n’a « pas d’égo » et que « ses dents ne rayent pas le parquet », elle dénonce implicitement les querelles de chefs qui animent ses éventuels challengers. Elle se paie le luxe de souligner une évidence que ses opposants ne semblent pas vouloir admettre, leurs batailles de chiffonniers la servent. Il serait temps qu’ils s’en rendent compte et en tirent les conséquences.
Marine Le Pen, elle, semble avoir prévu toutes les hypothèses. « Quoi qu’il arrive, je ne serai pas morte », assure-t-elle. Ses opposants ne peuvent pas en dire autant.
Marie-Eve Malouines
Editorialiste












