L’inflation a légèrement rebondi en juillet, à 2,1 %, portée entre autres par la hausse du prix du pétrole. La hausse du prix du pétrole au printemps 2026 a été moins forte que la plupart des anticipations. Fin juillet, le prix du pétrole est relativement bas au vu d’une situation toujours tendue au Moyent-Orient.
1. L’inflation repart légèrement à la hausse
La dynamique de l’inflation est étroitement tributaire de la guerre en cours en Iran : le pétrole avait bondi au printemps suite à la fermeture du détroit d’Ormuz, puis avait chuté avec la perspective d’un accord durable, puis a de nouveau augmenté en juillet suite à une reprise des frappes américaines et iraniennes.
L’inflation a suivi une dynamique similaire sous l’effet des variations de l’inflation énergétique. Celle-ci a augmenté en juillet, à 12,4 % en glissement annuel, après une relative accalmie à 11,0 % en juin.
Le faible rebond de l’inflation en juillet (2,1 % après 1,8 % en juin) s’explique également par la dynamique des soldes (quelques jours de solde en juin 2026 contre aucun en juin 2025), ce qui a entraîné une moindre baisse des prix des produits manufacturés en juillet par rapport au mois dernier (-0,7 % contre -1,1 % en juin).
Enfin, les prix des services ont augmenté en juillet, portés par les services d’hébergement et de communication.
2. Une crise pétrolière moins violente qu’anticipé
À la mi-juin, l’Insee anticipait une inflation moyenne en 2026 de 2 %[1]. Cette prévision était basée sur un baril de pétrole à 85 €, ce qui correspond environ au cours actuel. En conséquence, en supposant une stabilité du prix du brut jusqu’à la fin de l’année, l’inflation devrait d’environ 2 % cette année.
D’une manière générale, le prix du pétrole a moins augmenté que ce qui était craint, et est retombé plus rapidement qu’anticipé après chaque annonce de la réouverture du détroit d’Ormuz.
Par exemple, Paul Krugman anticipait que la fermeture du détroit d’Ormuz pourrait propulser le prix du baril à 152 dollars selon le scénario moyen, et jusqu’à 372 dollars dans le scénario maximal (en fonction des hypothèses quant à la quantité de pétrole retirée du marché et au niveau d’élasticité-prix)[2]. Olivier Blanchard estimait que le baril pourrait monter jusqu’à 150 ou 200 dollars[3]. Oxford Economics prévoyait pour sa part qu’une seule semaine de fermeture du détroit suffirait pour propulser le baril à 140 dollars[4].
La baisse a également été très rapide chaque fois que la réouverture du détroit d’Ormuz a semblé possible. Il était craint que, au vu des destructions et du temps nécessaire à la remise en route du marché pétrolier, la baisse des prix ne soit que graduelle.
Fin juillet, alors que le trafic maritime est pratiquement à l’arrêt à Ormuz, le prix du pétrole n’est « que » de 85 dollars. L’importance de ce détroit est moins cruciale qu’on ne le croyait, et des voies de contournement par pipeline ont été trouvées.
Sylvain Bersinger,
Économiste et fondateur du cabinet Bersingéco
Note rédigée suite à la publication Insee du 31 juillet 2026



















