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Colombie : Victoire d’Abelardo de la Espriella sur un projet d’autorité de l’Etat

Pascal DrouhaudParPascal Drouhaud
25 juin 2026
Colombie : Victoire d’Abelardo de la Espriella sur un projet d’autorité de l’Etat
Tribune

La victoire au second tour de l’élection présidentielle le 21 Juin 2026, d’Abelardo de la Espriella (1) qui n’a eu de cesse de promouvoir un projet libéral sur le plan économique tout en prônant la fermeté en matière de politique intérieure, constitue nouveau tournant historique pour la Colombie.  L’arrivée au « Palais du Nariño » de cette figure détonante et inédite, surnommé « Le Tigre » en raison de son agilité à se saisir des dossiers les plus délicats et de revendiquer une volonté d’action dans la fermeté, s’inscrit dans une logique politique marquée par la volonté de rupture et d’autorité qui avait permis l’élection en Amérique latine, de Nayib Bukele (2) au Salvador, Javier Milei (3) en Argentine. 

Avec 49.66 % des suffrages représentant 12.96 millions de voix, Abelardo de la Espriella est le Président le mieux élu de l’histoire colombienne en nombre de voix. Son adversaire issu des rangs de la gauche et du « Pacte historique » a obtenu 12.71 millions des voix avec 48.70 %. Le taux de participation n’a jamais été aussi important : 63.6 %. Il était de 57.86 % lors du premier tour le 31 mai dernier. La marge est étroite (moins de 1 point, soit environ 250 000 voix d’écart selon les derniers comptages). Les autorités électorales (Registraduría) ont publié des résultats préliminaires très avancés, mais la certification finale est en cours. Iván Cepeda a demandé l’attente du décompte final et contesté certains aspects, tandis que des observateurs internationaux ont qualifié le processus de « transparent ».

Abelardo Gabriel de la Espriella Otero est né en 1978 à Bogotá. Après avoir obtenu un master en droit administratif, il a fondé son cabinet « De La Espriella Lawyers » avec des bureaux en Colombie et aux États-Unis, se faisant connaître comme défenseur de figures controversées, dont des paramilitaires lors des négociations de paix sous Álvaro Uribe (4), des hommes d’affaires et des accusés de corruption comme dans l’affaire DMG (5). Sa fortune, ses liens internationaux (il possède la nationalité américaine et italienne) et son style flamboyant, ses promesses en faveur d’un retour de l’ordre au lendemain du mandat de Gustavo Petro (6) marqué par une hausse de la violence, l’ont positionné comme une personnalité au style disruptif, en rupture avec le schéma politique traditionnel (7).

Sa campagne, menée « tambour battant », via le mouvement « Defensores de la Patria » créé en 2024, s’est appuyée sur un financement personnel important, les réseaux sociaux et un discours anti-establishment. Il promet une « main de fer » contre la criminalité, la construction de méga-prisons dans la jungle, une réduction drastique de l’État (jusqu’à 40 %) avec notamment la disparition de certains ministères, des réformes économiques libérales et une défense des valeurs conservatrices dans l’éducation et la société. Il s’est présenté comme « le sauveur » capable de restaurer la sécurité face à la recrudescence des groupes armés, du narcotrafic et de la violence post-accords de paix de 2016.

Son élection entérine l’échec et la chute de la politique de la « paix totale » (8) promue par le président sortant. Elle s’inscrit dans une logique de domino politique, à savoir la victoire de figures s’inscrivant à droite (9) et marquant leur alliance à Donald Trump qui n’hésite pas à manifester son soutien aux candidats élus.

une élection aux enjeux politiques et sécuritaires majeurs

Avec un taux de participation de 58 %, cette élection a constitué une forme de référendum sur la volonté de rupture ou de continuité avec la politique de « paix totale » appliquée depuis 2022 tandis que la Colombie est confrontée à une recrudescence inédite de la violence depuis les accords de paix de 2016.

La victoire d’Abelardo de la Espriella consolide le nouveau temps politique qui s’installe en Amérique latine, concluant la décennie 2010 et les anciennes victoires d’une « Nouvelle gauche » alors conquérante. Cette tendance s’est totalement inversée au profit d’une « Nouvelle droite », libérale, autoritaire en matière de lutte contre politique intérieure, faisait de la lutte contre l’insécurité une priorité, notamment par une lutte sans merci contre les trafics et les organisations criminelles qui se sont ancrées dans plusieurs pays et sur le plan régional. L’action du président salvadorien, Nayib Bukele, en matière de lutte contre « les maras », les gangs, est devenue l’exemple à suivre. Cette image et les résultats obtenus sont utilisés pendant les élections nationales, que ce soit récemment au Costa Rica, au Honduras, en Equateur, au Chili (10) et plus récemment en Colombie.

L’application du « corollaire Trump à la doctrine Monroe » depuis 2025 (11), renforce un nouvel axe politique sur le continent tandis que la chute de Nicolas Maduro au terme d’une opération des forces spéciales américaines (12), dans le cadre du prolongement de l’Opération « Southern Spear (13) a sans nul doute constitué un tournant régional, renforcé par la politique de pression maximale, exercée par Washington sur Cuba.

Les élections colombiennes de 2026, sont emblématiques de ce contexte inédit. La Colombie est un des rares pays à bénéficier du statut officiel « d’allié majeur des Etats-Unis hors OTAN » alors même qu’à sa tête, depuis 2022, Gustavo Pétro n’a eu de cesse de dénoncer la politique américaine en Amérique latine, se voyant privé de visa au terme d’une manifestation devant le siège de l’ONU en Septembre 2025, appelant à une rébellion contre le président américain.

Au terme de quatre années d’une politique dite « de paix totale », appelant à négocier avec tout mouvement armé opérationnel, des dissidents des FARC à l’ELN en passant par le « Clan del Golfo », le premier cartel national, la Colombie traverse une nouvelle vague de violence qui marque l’échec de cette politique portée par Gustavo Pétro comme la marque d’une supposée avancée démocratique. Son échec a permis d’asseoir dans l’opinion, le projet alternatif d’Abelardo de la Espriella.

Avec un discours et une image inédite, incarnée par le surnom d’«El Tigre»/ « le Tigre », il s’agit pour lui, de répondre à un nouveau besoin, à l’échelle de l’Amérique latine et de la région des Caraibes : les populations exigent le retour à la sécurité publique. En Amérique latine, les populations la considèrent comme le premier principe de justice sociale : dans un continent où 54% des emplois dépendent du secteur informel (14), la lutte contre les trafics et gangs veut incarner le retour de l’Etat et lever une emprise sur les plus démunis. Elle constitue actuellement le véritable enjeu du débat politique et démocratique tandis que la rivalité sino-américaine oblige l’Amérique latine à un nouvel alignement géopolitique. Donald Trump n’hésite pas d’ailleurs à prendre position dans les élections : ce fut le cas au Honduras en Décembre 2025, se concluant par l’élections du candidat de droite, Nasry Hasfura. En Colombie, pays essentiel pour Washington dans sa lutte contre les trafics de drogue et le blanchiment d’argent, le choix du président américain s’est naturellement porté sur Abelardo de la Espriela.

La Colombie à l’heure de « la main de fer » 

Le président élu, qui prendra ses fonctions le 7 août prochain, engage son pays sur la voie d’un changement radical dans l’approche sécuritaire. Ses promesses, portant sur la construction de prisons sur le modèle du CECOT (15) salvadorien, une collaboration renforcée avec les États-Unis dans la lutte anti-drogue, évoquent l’adoption d’un modèle autoritaire pragmatique érigé en urgence nationale. En Colombie, avec un territoire vaste d’un million de km carrés, une géographie complexe et des groupes armés enracinés, une telle stratégie pourrait réduire la violence visible à court terme tout en risquant des cycles de représailles et une militarisation accrue.

Sur le plan économique, son discours libéral marqué par la volonté de réduire la place de l’Etat, par une attractivité en faveur des investissements, pourrait rassurer les marchés, les entreprises et les investisseurs étrangers, potentiellement appeler à pousser la croissance et l’emploi dans un contexte de lassitude fiscale. Cependant, sans majorité parlementaire, il devra composer des alliances conservatrices traditionnelles (notamment avec le parti d’Avaro Uribe, « Centro democratico ».

En matière de politique étrangère, la Colombie est prise en tenaille, entre son voisin, le Vénézuéla qui est entré dans une phase de transition et son statut d’« allié majeur des USA », lui offrant les bases d’une relation privilégiée avec Washington, en raison notamment des enjeux que représentent la lutte contre le narcotrafic (16) sur la politique intérieure américaine et la sécurité continentale.

Les électeurs sont las d’une violence endémique qui, selon divers rapports, a empiré en 2025-2026 avec des massacres, des déplacements forcés de populations fragiles socialement (plus de 150 000 en 2025) et par les attaques contre civils et leaders sociaux. L’assassinat du pré-candidat présidentiel, Miguel Uribe (17), victime d’un attentat en Juin 2025, a symbolisé cette nouvelle dérive que beaucoup pensaient révolue après les années 1980-1990.

L’élection de 2026 n’était pas seulement un choix entre gauche et droite. Il s’agissait d’adopter une vision de société entre la continuité d’un projet inclusif inachevé et mal appliqué depuis 2022 ou une rupture, sur la forme et le fond, notamment sur le plan de la lutte contre l’insécurité, largement prioritaire pour l’opinion publique. La Colombie traverse sa pire flambée de violence depuis une décennie. Groupes armés contrôlent ou contestent de vastes zones rurales : dissidents des FARC (comme l’EMC de « Mordisco ») , ELN, Clan del Golfo, et bandes criminelles liées au narcotrafic. Les homicides, extorsions, enlèvements et attentats (bombes, drones) se multiplient, particulièrement dans le Cauca, le Catatumbo, le Guaviare et le Putumayo. En 2025, plus de 1,6 million de personnes ont été affectées, avec une hausse de 58 % des attaques contre civils.

Les migrations vénézuéliennes, à partir de 2016, ajoutent une pression humanitaire et sécuritaire tandis que le pays a dû « absorber « un afflux de 2 millions de personnes. Au-delà de la sécurité, l’économie colombienne montre pour autant les signes d’une forme de résistance avec une croissance projetée pour l’année en cours, autour de 2,5-3 %. Mais les vulnérabilités persistent : dépendance aux hydrocarbures, dette publique, informalité massive, inégalités (parmi les plus élevées au monde) et chômage des jeunes.

Dans ce contexte qui a renforcé la radicalisation des programmes et du discours politiques, la Colombie est à la croisée des chemins comme l’ensemble de l’Amérique latine dans un environnement continental et international extrêmement tendu : poursuite d’une alliance privilégiée avec les USA et d’un ancrage occidental, ou approche plus en faveur d’un multilatéralisme qui permet à des pays concurrents des Etats-Unis comme la Chine, de renforcer leur présence rompant avec la ligne stratégique de « l’hémisphère occidental » (18) portée par l’administration Trump et soutenue par ses alliés latino-américains (19).

Pascal Drouhaud
Spécialiste en relations internationales
Président du laboratoire d’idées « LatFran / France-Amérique latine » (latfran.org/)
Ancien auditeur de l’IHEDN, il est membre du Cercle Fontenoy (think-tank du Chef d’état-major de l’Armée de terre)
Auteur de « FARC, confessions d’un guérillero, Choiseul, 2008 »

Photo : Anamaria Mejia / Shutterstock.com

—–

(1) Abelardo Gabriel de la Espriella Otero, né le 31 juillet 1978 à Bogotá, est avocat pénaliste, entrepreneur et figure montante d’une nouvelle droite colombienne. Fondateur du cabinet De La Espriella Lawyers, il a surgi sur l’espace public au travers de son mouvement  «Defensores de la Patria », collectant des millions de signatures. Surnommé « El Tigre » pour son style combatif, il a surpris en dominant le premier tour. Charismatique, médiatique, provocateur, entrepreneur précoce, il projette une image de fermeté et un discours centré sur la « mano dura/ la main dure » contre le crime, pour la réduction d’un État (40 %) et une efficacité régalienne. Il s’affiche comme un partisan de Donald Trump et promet une coopération bilatérale antiterroriste renforcée.

(2) Nayib Bukele a été élu président de la République le 3 février 2019, après avoir été maire de San Salvador, la capitale de 2015 à 2018. Il a fait du retour à la sécurité l’axe de son premier mandat. Ses résultats lui offrent une réélection en février 2024 (84 % des suffrages exprimés) ; il annonce le 1er juin 2024, faire de l’économie sa nouvelle priorité. Il s’est vu autoriser par la Cour suprême de justice à concourir pour un second mandat, à la condition d’abandonner ses fonctions de chef de l’État six mois avant la fin de son mandat. Il a été réélu dès le premier tour, en Février 2024 et dispose de la majorité absolue à l’Assemblée nationale.

(3) Javier Milei est président e la république d’Argentine depuis le 10 Décembre 2023.

(4) Alvaro Uribe a été Président de la République de Colombie de 2002 à 2006, réélu (la réélection était alors instaurée) de 2006 à 2010. Sa politique s’inscrivait dans le cadre de la « sécurité démocratique », marqué par une politique de restauration de la sécurité sur l’ensemble du territoire national et une lutte sans réserve contre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) dirigées de 1964 à sa mort en Mai 2008, par Manuel Marulanda puis Alfonso Cano (tué en 2011). La « sécurité démocratique » succédait au « Plan Colombie » établi par le président Andrès Pastrana (1998-2002) avec le soutien des USA alors dirigés par Bill Clinton, 42ème président des Etats-Unis d’Amérique.

(5) DMG Holdings, (David Murcia Guzman), a été créée en 2003. Il s’agissait d’une société était une société de biens et services financiers. Elle s’est effondrée en 23008 dans une crise connue comme « la crise des pyramides colombiennes ». Condamné à 9 ans de prison aux USA en 2011, David Murcia Guzman a été transféré en Colombie en 2022 ou il purge une peine de 22 ans de prison « pour collecte illégale d’argent ».

(6) Gustavo Petro, né le 19 Avril 1960 est le premier Président de la République colombienne issu de la gauche. Elu en 2022 sur un programme prônant « la paix totale », son mandat a été ponctué de vagues de violences en Colombie. Son approche en faveur du multilatéralisme et une vision alternative des relations internationales l’a conduit à rompre avec Israël (1er fournisseur en équipements militaires), à engager une relation renforcée avec Nicolas Maduro au Vénézuéla, et ouvrir un front de critiques avec Washington. Ancien membre de la guérilla M19 (dissoute en 1990), il a été maire de Bogota (2012-2014), sénateur à partir de 2014 et candidat aux élections présidentielles de 2010, 2018 avant de l’emporter en 2022.

A lire : Pascal Drouhaud : «Colombie : Gustavo Petro et la volonté de rupture avec l’Occident», Revue Défense nationale, n° 884, novembre 2025, p. 125-130.

(7) En Colombie, le débat public s’est organisé depuis la fin des années 1950, autour d’une bipolarité partisane : deux mouvements ont dirigé ce pays entre les années 1950 et 2022 : les partis conservateur et libéral. L’élection de Gustavo Petro, issu de la gauche, en Juin 2022 a rompu cette logique

(8) Gustavo Petro a défini le concept de « paix totale » pendant la campagne présidentielle de 2022. Il a permis de diluer le concept de sécurité en laissant des marges de manœuvre à l’ensemble des groupes armés illégaux. Les différents acteurs politiques , comme la guérilla de l’ELN/ , Armée de Libération nationale, le cartel de la drogue du Clan del Golfo, les dissidents des FARC dissoutes après les accords de paix de 2016, les groupes paramilitaires, constituent autant d’axes vers lesquels l’État se disperse et, sous pression, tente de mener des pourparlers en vue d’accords désormais illusoires. Jamais la violence n’a été aussi intense depuis les années 1980-1990 tandis que la production de drogue n’a jamais été aussi dynamique, avec une haiusse des zones de cultures de la coca atteignant en 2026, plus de 305.000 hectares (143.000 en 2022).

A lire : Émilien Perez : «  En Colombie, la “paix totale” de Petro se transforme en “guerre totale”»,

    Courrier international, 28 avril 2025.

Etienne Monnin : « La production de cocaïne explose en Colombie, pays hôte de la Cop 16 sur la biodiversité », France Info, 24 octobre 2024 (https://www.franceinfo.fr/).

(9) Pascal Drouhaud  « Amérique latine – Vers un tournant politique sous l’influence de Donald Trump  » Revue Défense nationale, n° 888 Mars 2026 – p. 118-124

(10) Elections présidentielles respectives, en Avril 2026 avec l’élection de Mme Laura Fernandez, en Décembre 2025 et la victoire de M. Nasry Hasfura, en Avril 2025 avec le président sortant Daniel Noboa et en Décembre 2025 gagnées par José Antonio Kast. Au Pérou, les élections présidentielles du 7 Juin 2026 qui ont ouvert un imbroglio dans le comptage des bulletins de vote, a fait apparaître une avance de la candidate de la Force populaire, Keiko Fujimori contre le candidat de gauche, Roberto Sanchez Palomino, « Ensemble pour le Pérou ».

(11) Élaborée en décembre 1823 par le président américain James Monroe, cette doctrine visait à dénoncer la présence de puissances européennes sur le continent américain, essentiellement l’Espagne, considérée comme une menace pour la sécurité des États-Unis. Ces derniers s’engageaient en retour à ne pas intervenir dans les affaires européennes. Cette position est devenue une ligne directrice de la politique étrangère nord-américaine sur le continent. Le corollaire Trump à la doctrine Monroe appliquée depuis l’année 2025, vise à réaffirmer « la prééminence des États-Unis » sur le continent américain, au besoin par l’usage de la force.

(12) A lire : David Biroste- Pascal Drouhaud : « L’après-Maduro ou le retour de la politique impériale des États-Unis », Revue Défense nationale, 12 janvier 2026.

(13) Mise en place dans la région des Caraïbes à partir d’août 2025, l’opération « Lance du Sud » avait pour objectif de « détecter, perturber et dégrader les réseaux criminels transnationaux et les réseaux maritimes illicites » en s’attaquant aux cartels de la drogue et à leurs complices en Amérique latine dans le but de « protéger la nation américaine ». Les objectifs de Lance du Sud visent à « détecter, perturber et dégrader les réseaux criminels transnationaux et les réseaux maritimes illicites » en s’attaquant aux cartels de la drogue et à leurs complices en Amérique latine dans le but de « protéger la nation américaine ».

(14) Rapport de la CEPALC (Commission économique des Nations unies pour l’Amérique latine-Caraibes), Juin 2022.

(15) Nayib Bukele parle depuis son élection à la tête d’El Salvador, d’une « guerre contre les gangs », conduisant à une réforme des organes de police, de l’armée tout comme de la justice. Il a éradiqué l’insécurité en plaçant les membres des « maras » dans une structure carcérale spécialement conçue à cet effet : le Centre de confinement du terrorisme (CECOT) constitue ainsi la prison la plus importante des Amériques avec 40 000 détenus ! Le CECOT vise à rompre les structures des gangs, les démanteler et casser les trafics qui les finançaient. Compte tenu des résultats, la population est, pour le moment, disposée à ce que l’État se renforce, au risque d’ouvrir un débat sur les libertés individuelles.

A lire : Pascal Drouhaud : « El Salvador et le « phénomène » Nayib Bukele  » Revue n° 872 Été 2024 – p. 246-250

(16) France info : https://www.franceinfo.fr/sante/drogue-addictions/cocaine/la-production-de-cocaine-a-atteint-un-record-historique-en-colombie-en-2023_6847394.html

(17) Miguel Uribe Turbay, né le 28 Janvier 1986 est décédé des suites de ses blessures par balles, le 11 Août 2025. Il était le fils de Diana Turbay, journaliste et fille de l’ancien président Julio Cesar Turbay (1982-1986), tuée pendant une opération de libération des forces armées le 25 Janvier 1991. Miguel Uribe Turbay était sénateur du « Centro democratico » depuis 2022, pré-candidat présidentiel en 2025. Il est très grièvement blessé lors d’une attaque contre sa personne, pendant une réunion publique le 7 Juin 2025. Il meurt des suites de ses blessures à la tête le 11 Aout 2025, soulevant une importante vague d’émotion en Colombie.

(18) Document de stratégie nationale : White House, National Security Strategy of the United States of America, Washington, novembre 2025, p. 15.

(19) Pascal Drouhaud « Sommet « Bouclier des Amériques » : une nouvelle Alliance autour de Donald Trump  » Revue Défense nationale, n° 889 Avril 2026 – p. 116-121

 

Pascal Drouhaud

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