Concours #EloK @KEDGE BS

Vendredi 4 décembre Kedge Business School organisait son premier concours EloK.

#EloK sur Zoom, il fallait oser !

Le changement d’heure permet-t-il de vivre plus vieux ? Marie Poppins vivait-elle vraiment dans son sac ? Voici quelques exemples de questions existentielles posées ce vendredi 4 décembre par le jury du concours EloK, un concours d’éloquence porté par Kedge Business School !

Des sujets décalés, un jury de haut vol, des candidats sacrément courageux, des étudiant.e.s à la manœuvre, le tout sur Zoom ! Le tableau est posé, le challenge est osé… le tout en Absurdie !

Eloquence / Concours : Mais au fait de quoi parle-t-on ?

Que l’on se réfère à Calliope ou à Hermès, respectivement Muse et Dieu de l’Eloquence, c’est un art fondamental qu’on se devait de maîtriser dans le monde gréco-romain. Déjà, dans l’agora, les Citoyens et les Tribuns discouraient afin de convaincre leurs pairs tout en construisant la politique et le droit.

Moribonde pendant le Moyen-Age et enterrée officiellement par Jules Ferry en 1902, elle reste limitée à un cercle élitiste et de spécialistes. Il n’y avait donc qu’un pas pour que les avocats s’en emparent au sein du barreau, dans les tribunaux, transformant leurs plaidoiries en véritable tournoi.

Les Universités ne sont pas en reste, la Sorbonne en tête, pour démontrer la capacité de leurs étudiant.e.s à communiquer, à émouvoir, à persuader durablement leurs interlocuteurs. Il s’agit de mobiliser les techniques oratoires que sont les figures de style, les formes de discours, les méthodes argumentaires avec une large palette d’émotions, d’affect et de valeurs, dont la combinaison va dépendre de la personnalité de l’orateur.

Un concours dans une Business School, absurde ?

Afin de retrouver l’esprit initial de la parole persuasive, des Concours s’organisent dans de nouvelles sphères de l’enseignement du supérieur. Ils se développent ainsi dans les Ecoles d’ingénieurs et de Commerce, où la littérature n’est pourtant pas au programme. L’objectif est d’identifier le meilleur orateur et de démocratiser l’éloquence au regard de critères assez classiques sur le fond et la forme, par un jeu de pensées et d’actions. Finalement, c’est essentiellement autour de la négociation et du leadership que l’art oratoire va se concentrer, sans forcément être nommé ou défini. Or, c’est au contraire une compétence fondamentale dans les métiers des affaires et du management. Peu importe le domaine ! Il s’agit donc d’élever le débat pour mieux s’en emparer.

C’est le choix de l’école de mettre le focus sur l’originalité des participant.e.s et leurs capacités à se challenger autour de l’absurde, un parti pris largement plébiscité par Alexandre de Navailles, le DG, qui n’a pas boudé son plaisir devant la qualité du jury.

Un jury sélectionné par Virginie Martin (Politiste et sociologue à Kedge) est composé de Bruno Gaccio (Directeur de la rédaction des « Guignols de l’info »), parrain de l’évènement, Eva Darlan (Comédienne), Jean-Loup Horwitz (Comédien), Saïd (Membre du groupe IAM), Benoit Payan (Premier adjoint à la Ville de Marseille), Sylvie Brunet (Députée européenne), Didier Davitian (Conseiller en communication) et Igor Sahiri (Grand reporter BFMTV). Artistes, comédiens, auteurs, responsables politiques, professionnels, experts et habitués des plateaux télé et de la communication ont évalué les prestations.

Le retour de l’Oulipo

 Les sujets sélectionnés par le comité d’organisation, composé de Virginie Martin, Bruno Gaccio, l’association Clepsydre et les deux étudiantes à l’origine du projet, Cassandre Athenoux et Nadia Boursas, sont très décalés. Avec ces choix, l’objectif d’EloK est de mettre à l’épreuve les étudiant.e.s pour tester leur aptitude à relever des défis. « Les sujets que nous avons définis pour les duels oraux sont plus proches de l’Oulipo, de Queneau, de Devos que de sujets classiques. Nous souhaitons surprendre les étudiants-candidats avec des sujets tirés au hasard et les pousser en quasi improvisation face aux mots et au langage, chacun avec sa verve, son style et sa personnalité », explique Virginie Martin, responsable du Médialab de Kedge.

C’est un vrai voyage en Absurdie qui nous est proposé ! Partant du « changement d’heure [qui] [permettrait] de vivre plus vieux ? », nous nous promenons dans le ciel (dans lequel il y a plus de nuages ou de ciel ?), en enfer et au paradis (des pavés, des intentions ?), dans les 4 coins de l’hexagone (ou dans un plurigone en définitive), dans le frigo, dans le sac de Mary Poppins ; le tout en suivant les divagations d’un maître tenu en laisse par son chien !

En mode hybride…

Une battle, c’est très simple : Un sujet, 2 candidats qui s’affrontent, 1 jury souverainement bienveillant ! Vraiment si simple ? Rien n’est moins sûr ! En effet, ici, lors des rounds, les questions ne sont qu’un leurre ! Peu importe leurs connaissances ou leur culture générale, le jugement est ailleurs.

Justement, ailleurs est ici central ! Tout se tient à distance, l’affrontement des deux concurrent.e.s, le soutien et le regard du public, l’œil et la décision du jury. Chacun est chez soi, relié par le numérique et la technique, excepté une sorte de régie nichée au sein du Hub de l’école. Hybridation des temps modernes, un bout ici, le reste ailleurs, le tout répondant au nom #EloK

Les contributeurs disposent de 15mn une fois le sujet reçu et le contradicteur identifié ; caméra et son coupés, ils phosphorent ! La première salve est fluide, accrocheuse, combative, placée ! Puis, le présentateur Arnaud Lacan relance chacun, avec vivacité et à propos ! L’affrontement se poursuit alors sur l’improvisation liée aux arguments de l’adversaire ; d’autres compétences prennent le relai et les personnalités se dévoilent.

Assister à un concours d’éloquence absurde en ligne : absurde ?

Au bout de 2h30 intenses, le public aura assisté à ces pré-sélections, sans jamais entrer dans la facilité du clash mais en mobilisant les vertus du civisme et l’éthique de la discussion en Absurdie. A la clôture, le parrain Bruno Gaccio exige encore plus d’impro et de prise de risque ! Dont acte lui répond Anil Benard Dende, le DGA tout droit venu des mathématiques !

Rendez-vous donc pour les tours suivants et la grande finale le 5 février… en présentiel ?

Laurence Le Poder, Professeure d’Economie, Kedge BS

Katia Richomme-Huet, Professeure, HDR en Sciences de Gestion, Kedge BS