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dans Politique

La conjuration

Raphael PiastraParRaphael Piastra
25 septembre 2024
La conjuration

C’est un peu faire injure à un épisode assez méconnu de l’histoire postrévolutionnaire que de ramener celui-ci à l’immédiate actualité. Mais risquons-nous-y !

La Conjuration des Égaux est une tentative de renversement du Directoire en 1796 menée par Gracchus Babeuf avec ses camarades (les Égaux), dans un contexte d’exaspération sociale due à la vie chère. Babeuf fut pendant la Révolution proche de Marat et,  quelques temps,  de Robespierre. Avec ses amis ils dénoncent les privilégiés qui tirent profit de la Révolution. Ils préconisent une réforme radicale de la société : l’abolition de la propriété privée doit rendre tous les Français égaux. Pour réaliser leur idéal, ils envisagent ni plus ni moins que de renverser le Directoire pour instaurer une « république égalitaire ».  L’insurrection populaire, parisienne essentiellement, va se doubler d’un début d’insurrection militaire au camp de Grenelle.  Mais les conjurés échouent et seront arrêtés puis guillotinés. A noter que Friedrich Engels et Karl Marx reconnaissent en la Conjuration des Égaux « la première apparition d’un parti communiste réellement agissant ».

Le 9 Juin dernier, le président Macron a décidé, contre toute attente, de dissoudre l’AN. Les conséquences ont été aussi immédiates qu’attendues. Au premier tour, le Rassemblement national et ses alliés obtiennent près de 33,34% des suffrages. Ce qui leur permet de faire élire directement 39 députés. Le Nouveau Front Populaire (27,99%) obtient 32 députés, loin devant la coalition présidentielle Ensemble (20,04%) qui obtient 2 députés. La participation est en forte hausse avec 66,71% (contre 47,5% en 2022).

Dans l’optique du second tour, se met en place ce que l’on appelle le « front républicain ». Selon notre collègue Pascal Perrineau, l’expression désigne le rassemblement, lors d’une élection, de partis politiques de droite et de gauche au second tour ou lors de l’élection des exécutifs pour faire barrage à une victoire du Front national (FN devenu  RN). Ce concept tire ses origines de diverses coalitions ou stratégies ayant visé à défendre le régime républicain dans des pays européens tombés sous la dictature (Italie, Espagne, Portugal). On le trouve aussi dans certains pays d’Amérique du Sud.  En France il veut faire barrage à l’extrême droite depuis la Troisième République : la plus citée est celle, homonyme, du Front républicain de 1956 contre le mouvement poujadiste (1953-1958 : pour la défense des artisans et commerçants).

 A l’époque, soulignons tout de même que l’extrême-droite en était au stade fœtal puisque sans représentation dans nos hémicycles républicains.

Nous rejoignons volontiers notre autre collègue Joël Gombin, pour lequel la notion de front républicain « n’a pas de valeur analytique ou scientifique réelle ». Elle comporte même une ambiguïté en ce « qu’elle mobilise l’imaginaire des « valeurs de la République », c’est-à-dire un référent d’ordre moral, là où en réalité les positions adoptées sont ajustées aux intérêts politiques de ceux qui les prennent. Ceux-ci sont de deux ordres : le strict bénéfice électoral, d’une part ; les enjeux internes des formations, d’autre part ». Bref de la combinazione comme le disent nos amis italiens.

Le phénomène apparait véritablement en France en 1986. A cette date F. Mitterrand, avec la complicité de L. Fabius (alors à Matignon), décide de mettre en place à la fin de 1985 « une dose de proportionnelle ». Cela dans l’objectif unique de limiter la large victoire de la droite annoncée aux législatives. Résultat ? Le 16 mars 1986. Jean-Marie Le Pen, 57 ans, lève les bras en signe de victoire. Grâce à la proportionnelle, le FN vient d’obtenir 35 députés avec ses alliés du CNIP (Centre national des indépendants et paysans), avec 9,7 % des voix, juste derrière le Parti communiste. Et la droite obtient tout de même une assez confortable majorité absolue. Depuis lors à chaque élection où il y a une liste ou un candidat RN bien placé, c’est le front républicain (on dit parfois arc ou cordon sanitaire).

Ce fut le cas au second tour des législatives 2024.  Et, nonobstant les divers commentateurs réputés avisés, qui pronostiquaient la fin de ce front, il a parfaitement joué son rôle.

On connait l’implantation du RN dans notre paysage politique depuis quelques décennies. Alors qu’on s’attendait à son succès en ce second tour, il n’en a rien été. Conjuration des zéros disions-nous ? Et bien à la veille de ce second tour, on a assisté à des scènes de folie démocratique. Ainsi des leaders de droite, mais aussi de gauche, n’ont pas hésité à renier certaines de leurs valeurs. Dans quel but ? « Ils mijotent dans leurs petites querelles et font cuire leur petite soupe. » disait de Gaulle. Alors même si certaines personnalités du NFP (LFI essentiellement) ont pactisé, plus ou moins directement avec le Hamas et donc contre Israël, des personnalités de droite (X. Bertrand, E. Philippe, L. Wauquiez par ex) et de gauche (F. Hollande, O. Faure, F. Roussel) ont opté pour le front républicain. Et cela a donné le résultat que l’on sait. Pari donc réussi pour le Nouveau Front populaire qui arrive en tête le dimanche 7 juillet 2024. L’union des partis de gauche et écologiste obtient 178 députés. L’alliance présidentielle résiste avec 156 élus, contre 250 dans la précédente Assemblée. Le RN et ses alliés disposent de 143 députés.

Mais le véritable résultat, le seul qui compte à nos yeux, c’est que, pour la première fois depuis 1958, il y a une absence totale de majorité à l’AN. Dès lors, le gouvernement Attal devient intérimaire pour près de 2 mois. Ce qui ne s’est là aussi jamais vu.

On l’a dit dans ces colonnes, ce sont essentiellement le secrétariat général l’Elysée et celui de Matignon qui, avec ce qui restait des cabinets ministériels, géraient le pays.  A la suite de la trêve olympique décrétée par le chef de l’Etat (zélateur lui aussi du front républicain), il a fallu revenir aux réalités. D’abord celle d’accepter la démission effective du gouvernement le 5 Septembre. Et surtout celle d’en nommer un autre. Et là on a eu le second épisode de la conjuration des zéros.

E. Macron a consulté à tours de bras puis a mis un certain temps à appeler M. Barnier. 73 ans, LR, figure éminente de la chiraquie puis ministre de Sarkozy, négociateur du Brexit. Un choix de l’ancien monde quoi ! Pour le chantre du nouveau monde, c’est un paradoxe. Pour le nouveau locataire de Matignon, c’est une sorte de chemin de croix qui commence. Les chemins escarpés de sa Haute-Savoie natale vont lui paraitre d’une platitude crasse ! Il ne lui faudra pas moins de quinze jours pour constituer un gouvernement. Record battu là aussi (8 jours pour Pompidou en 1962) ! On a même vu fleurir une nouvelle catégorie : les ministres imaginaires.

Il fallait être béotien pour s’attendre à autre chose qu’un gouvernement de droite et macroniste (à peine teinté de quelques brebis centristes). Et à la lecture de sa composition, on se rend compte d’abord qu’il est pléthorique (39 membres). Qu’il est ensuite composé essentiellement de seconds couteaux (hormis peut-être M. Retailleau).  Également qu’il contient des ministres reconduits (Mmes Dati, Vautrin, Panier-Runacher ; MM. Lecornu, Kasbarian). Du neuf avec du vieux ? !  Conjuration des zéros dit-on ? Dans un contexte très sensible (déficit budgétaire abyssal, insécurité, pouvoir d’achat en berne, services publics en déshérence), on a vu arriver à la tête de certains ministères, des novices absolus. Trois exemples. Mme Genestet, de formation médico-sociale et député LR des Français de l’étranger à l’Education Nationale. « On nous met quelqu’un qui ne connait strictement rien à l’Éducation nationale, qui est manifestement là parce qu’il y a eu une forme de tambouille politicienne pour essayer de tenir les équilibres au sein du bloc central » clame Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU.  Tout est dit ! Autre exemple à l’Agriculture, secteur très sensible s’il en est, c’est Mme Genevard, députée LR du Doubs (ancienne proche de F. Fillon). Le gouvernement Attal avait annoncé plus d’1 milliard d’euros de mesures mais la grande loi d’orientation agricole a été neutralisée par la dissolution. Comment cette professeure de Lettres de formation va-t-elle faire face ? Enfin M. Averous (qui est l’homonyme d’un célèbre rugbyman, des années 70, Jean-Luc Averous !) maire de Châteauroux et spécialiste des collectivités territoriales, est nommé au Sport et à la Jeunesse. Il aura à gérer notamment l’après-Jeux. Comprenne qui pourra !

A vrai dire, étant donné que (conjuration toujours !) près de 15 millions d’électeurs (RN et NFP) n’ont aucun représentant au gouvernement (la seule caution dite de gauche est M. Migaud à la Justice) et aucun à la gouvernance de l’AN (RN), ce gouvernement est inéluctablement transitoire. Avec les défis qui s’offrent au pays (budget notamment), c’est une gageure totale. Mais, au fond, cette situation inédite est due à une seule personne : E. Macron. Durant son second mandat, il aura mis la France à genoux. Dégradée au niveau intérieur et décrédibilisée à l’extérieur.

Depuis le 10 Juin dernier, « il n’y a plus d’État et ce qui en tient lieu ne dispose même pas des apparences du pouvoir. Tous les Français savent que le gouvernement actuel est incapable de résoudre la crise qu’il a provoquée et qu’il en est réduit à agiter la menace du désordre dont il est le vrai responsable pour tenter de se maintenir en place quelques semaines encore. Et pour quel dérisoire avenir ? Quelques semaines, quelques jours, quelques heures, nul n’en sait rien, peut-être pas même lui. » (F. Mitterrand, 1968).

Raphaël Pitstra,
Maitre de Conférences – HDR droit public

Raphael Piastra

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