Les chiffres de la croissance française au premier trimestre 2026 sont franchement mauvais : stagnation du PIB et baisse de l’ensemble des composantes de la croissance, seule la variation des stocks et les dépenses publiques ont apporté une contribution positive. Pour l’ensemble de l’année 2026, le blocage du détroit d’Ormuz pourrait amputer la croissance de 0,3 point, soit une hausse du PIB de 0,6 % sur l’année.
1. Des chiffres décevants au premier trimestre
Zéro pointé ! La croissance française a été nulle au premier trimestre alors que l’Insee prévoyait fin mars une progression du PIB de 0,2 %[1]. L’impact de la flambée des prix du pétrole a pu expliquer la légère baisse de la consommation des ménages (-0,1 %). Les autres composantes du PIB sont dans le rouge : l’investissement s’est contracté de -0,4 % et la baisse plus rapide des importations en volume (-3,8 %) par rapport aux importations (-1,7 %) implique une contribution négative du commerce extérieur de -0,7 point.
Seules les dépenses des administrations publiques (+0,4 %) et la variation des stocks apportent une contribution positive et empêchent une baisse du PIB au premier trimestre. S’il ne faut jamais trop extrapoler des chiffres trimestriels par nature volatils (surtout qu’ils peuvent être révisés par la suite), la tendance de la croissance française n’incite pas à l’optimisme alors même que l’impact de la guerre au Moyen Orient ne s’est pas encore fait pleinement sentir dans les évolutions du premier trimestre.

2. La croissance de 2026 sera impacte e par la guerre au Proche-Orient
Anticiper la situation dans le détroit d’Ormuz est un exercice incertain. Bersignéco prend pour hypothèse que le prix du baril se maintiendrait à son niveau actuel (au alentours de 110 dollars le baril) jusqu’à la fin de l’année. Il semble s’agir d’un scénario intermédiaire dans lequel la crise mettrait du temps à se résorber mais ne s’aggraverait pas non plus (une flambée du baril au-delà de 200 dollars ne peut pas être exclue si le conflit s’envenime).
Selon ce scénario, la croissance en France pourrait être amputée de 0,3 point en 2026 et de 0,6 point en 2027 selon les estimations de Bersingéco (le temps que les impacts récessifs sur le pouvoir d’achat et les marges des entreprises se diffusent dans l’économie), par rapport à un scénario dans lequel la guerre n’aurait pas eu lieu. En effet un baril à 110 dollars implique une hausse du prix du pétrole de 60 % du fait de la guerre, ce qui conduit à une contraction du PIB français de 0,3 point la première année et de 0,6 point l’année suivante[2].
En conséquence, la croissance française serait de 0,6 % en 2026 comme en 2027 d’après Bersingéco, soit sensiblement moins que les prévisions du FMI[3] qui, avant le début du conflit, tablait sur une croissance de 0,9 % en 2026 et de 1,2 % en 2027 (le FMI n’a pas révisé sa prévision de croissance pour 2026 dans ses analyses d’avril, l’institution retenant une hypothèse d’un déblocage rapide du détroit d’Ormuz).
Sylvain Bersinger,
Economiste et fondateur du cabinet Bersingéco


















