21 mois pour convaincre et redresser l’économie

Au lendemain du deuxième tours des élections municipales qui marqueront un échec pour la majorité, le Prédisent Macron devra « déconfiné » son gouvernement et sa majorité avant le 14 juillet. Il aura deux semaines de concertation pour ajuster la politique qui lui reste à mener pendant 21 mois pour convaincre et redresser l’économie avant les prochaines présidentielles.
Les français sont inquiets, ils ont peur de ne pouvoir conserver leur travail. Ils sont désorientés par les différentes crises de l’emploi, de la santé, du pouvoir d’achat et de la sécurité. Ils voudraient que cela change pour que ça aille mieux, mais nul est sûr que si la politique change ça ira mieux.
Le Président doit donc, comme il l’a annoncé, trouver une solution à cette équation à quatre inconnues.
Changer de politique, mais laquelle ? Cela implique un changement de gouvernement. Mais avec quel Premier Ministre ? Edouard Philippe n’a pour le moment pas l’intention, de quitter Matignon de son plein gré. De plus, il ne peut être démis, alors il devra présenter sa démission si le Président lui demande, il s’y pliera, il l’a dit ; mais cela ne sera pas sans conséquences dans l’avenir.
Peut-il changer de politique sans changer de Premier ministre ? Si Edouard Philippe est reconduit, malgré les divergences apparues pendant la crise sanitaire, nous assisterons alors à un jeux de chaises musicales, avec quelques départs et changement d’affectations pour remplacer les ministres qui posent problèmes. Le Président et le Premier ministre devront convenir ensemble d’une nouvelle politique, mais dans ce cas, Edouard Philippe imposera ses choix.
Le Président vient de perdre la majorité absolue à l’Assemblée Nationale. Le Groupe LAREM se fissure de toute part, il ne se réunit plus le mardi, ni dans sa totalité. Beaucoup ne viennent d’ailleurs pratiquement plus à l’Assemblée ou pour un minimum de temps. Seul un noyau de fidèles, se retrouve le lundi et assure le service pour éviter d’être mis en minorité ou une motion de censure qui sonnerait la fin de leur mandat. Le Président du Groupe LAREM a perdu sa crédibilité par ses déclarations anti Edouard Philippe. Une majorité de députés du Groupe demande sa démission, il va falloir remettre la machine à voter les lois du Président en « marche » et en phase avec le prochain Premier ministre et son nouveau gouvernement.
Le chalenge est de plus en plus difficile à relever, les trois premières années du mandat ont été échelonnées de séquences calamiteuses dont certaines ne sont toujours pas réglées. Le départ ou la démission de 17 membres du gouvernement dont certains poids lourds comme Bayrou, Hulot, Collomb, Buzyn, Griveau… ont déstabilisé le pouvoir à chaque départ. L’affaire Benalla suit son cours en justice, mais trop lentement. Sans oublier le scandale « de Rugy » qui conduira à son éviction de la présidence de l’Assemblée et du ministère de l’environnement. La saga des gilets jaunes a plombé le calendrier du Président pendant 9 mois et survit toujours de temps en temps. La réforme des retraites n’a pu aboutir, rattrapée par l’épidémie. Et maintenant il faut faire face à plusieurs crises, sanitaire, économique, sociale et sécuritaire qu’il va falloir gérer pour éviter un chômage de masse. La plupart des promesses de campagne sont désormais balayées.
Enfin, si la nouvelle politique que le Président doit proposer, n’apporte pas les réponses que les Français attendent, nous n’éviterons pas une crise politique à l’issue incertaine.
Alain Le Tirant Conseil en Politique et stratégie

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« Point Com’, le VISIO »

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L’édito d’Arnaud Benedetti avec notre partenaire Radio Orient

C’est l’interrogation du moment. Elle crépite dans les rédactions. La crise que nous traversons ferait apparaître au grand jour les divergences qui se seraient installées entre le Président de la République et son chef du gouvernement dans la manière d’appréhender une situation hors normes. La réalité c’est que le virus a bien évidemment renversé la table des certitudes les plus affermies du macronisme et met inévitablement à l’épreuve le duo de l’exécutif.

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« Point Com' »

Avec « Point Com’ », la journaliste Laetitia Krupa vous donne rendez-vous tous les jours (lundi à vendredi) pour décrypter la communication politique au temps du coronavirus. En 2 minutes, la chronique analyse une phrase d’un responsable politique. Objectif : suivre la crise sanitaire, avec l’angle de la communication.
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