L’union européenne 2020-2025 – De la projection à la protection conjurer les peurs…

Brexit, montée des replis identitaires, euroscepticisme : à quelques semaines de l’installation d’une nouvelle Commission, le déphasage est aujourd’hui patent entre une Union européenne, conçue pour ouvrir et libéraliser, et des citoyens européens déconcertés, dans un monde durci par les nationalismes et la compétition économique. Que faire ? Dans une réflexion articulée autour des thèmes de la protection et de la projection, Alain Meininger propose quelques pistes pour réconcilier les Européens avec les institutions bruxelloises.

Identité : le non-dit de la construction européenne ?

Nous voulons parler de l’identité européenne, non parce que nous sommes des spécialistes de ces questions, mais parce que, en tant que citoyens, nous sommes frustrés par le fait que les politiques n’en parlent pas. Certes, le mot peut être évoqué, mais jamais il ne l’est comme la raison d’être de la construction européenne. 

Européennes : bien-pensants progressistes contre ennemis populistes, une dialectique politiquement faible

Lors de ces élections européennes, les principes du néolibéralisme s’affirment au grand jour comme une valeur sûre et incontestée en France. Pourtant, ses caractéristiques que sont la mise en place de politique de sacrifice, bien plus que d’austérité comme l’écrit Wendy Brown1 et d’effondrement des solidarités sociales – dues en grande partie à la désindustrialisation et au chômage – sont le reflet d’une réalité dommageable pour la communauté sociale et politique en Europe.

La crise de la conscience européenne et le progrès

L’Europe est à un tournant de son histoire. Depuis le vote britannique sur le Brexit, l’implosion frappe aux portes de l’Union européenne. Les résultats des élections au Parlement européen du 26 mai dernier confirment l’état de vulnérabilité critique de l’Union. Les votes en faveur des forces populistes, nationalistes et souverainistes n’ont jamais été aussi importants, installant davantage l’idée que la construction politique supra-nationale la plus avancée au monde est si fragile qu’elle peut se briser à tout moment.

Esquisse d’un tableau futur de la géopolitique européenne

« L’histoire mondiale, c’est le tribunal du monde ». Par cette maxime définitive, Hegel affirmait l’ascendant absolu du processus historique pour livrer son diagnostic sur le monde ; il voyait l’État prussien moderne occuper la place sommitale qu’en réalité ni Guillaume II ni Hitler ne parviendront jamais à lui faire assumer.