Identité : le non-dit de la construction européenne ?

Nous voulons parler de l’identité européenne, non parce que nous sommes des spécialistes de ces questions, mais parce que, en tant que citoyens, nous sommes frustrés par le fait que les politiques n’en parlent pas. Certes, le mot peut être évoqué, mais jamais il ne l’est comme la raison d’être de la construction européenne. 

Européennes : bien-pensants progressistes contre ennemis populistes, une dialectique politiquement faible

Lors de ces élections européennes, les principes du néolibéralisme s’affirment au grand jour comme une valeur sûre et incontestée en France. Pourtant, ses caractéristiques que sont la mise en place de politique de sacrifice, bien plus que d’austérité comme l’écrit Wendy Brown1 et d’effondrement des solidarités sociales – dues en grande partie à la désindustrialisation et au chômage – sont le reflet d’une réalité dommageable pour la communauté sociale et politique en Europe.

La crise de la conscience européenne et le progrès

L’Europe est à un tournant de son histoire. Depuis le vote britannique sur le Brexit, l’implosion frappe aux portes de l’Union européenne. Les résultats des élections au Parlement européen du 26 mai dernier confirment l’état de vulnérabilité critique de l’Union. Les votes en faveur des forces populistes, nationalistes et souverainistes n’ont jamais été aussi importants, installant davantage l’idée que la construction politique supra-nationale la plus avancée au monde est si fragile qu’elle peut se briser à tout moment.

Esquisse d’un tableau futur de la géopolitique européenne

« L’histoire mondiale, c’est le tribunal du monde ». Par cette maxime définitive, Hegel affirmait l’ascendant absolu du processus historique pour livrer son diagnostic sur le monde ; il voyait l’État prussien moderne occuper la place sommitale qu’en réalité ni Guillaume II ni Hitler ne parviendront jamais à lui faire assumer.

« L’insularité appelle un traitement spécifique en termes économiques, politiques et sociaux »

Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse, déplore que la dimension insulaire des îles ne soit pas prise en compte dans les politiques publiques de l’Union européenne. Or, la création d’un véritable espace euro-méditerranée est aujourd’hui plus que jamais un horizon d’actions indispensable pour l’Europe. Les territoires insulaires ont, en effet, un rôle majeur à jouer, notamment celui de pont entre la rive Nord et la rive Sud de la Méditerranée.

« Pour éviter le violent retour de tous les refoulés, il faudra de très grandes transgressions »

Pour Henri Guaino, auteur de Ils veulent tuer l’Occident (Odile Jacob) et ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, l’Union européenne a pris, depuis les années 80, un tournant très nettement inspiré par l’idéologie de la table rase des histoires, des cultures et des civilisations. Résultat : l’Europe est devenue une construction hors sol et hors temps qui ne veut pas tenir compte des réalités géographiques, historiques, économiques, sociales et psychologiques sur lesquelles doivent se bâtir les politiques.