Le wokisme ou le grand retournement de la « violence symbolique »

S’il est un terme dont le mouvement woke fait grand usage, c’est bien celui de « violence ». Ces « éveillés » (woke en anglo-américain familier) aux discriminations qui structureraient nos sociétés par leur multiplicité et leur recoupement (c’est le sens de la fameuse « intersectionnalité ») dénoncent en effet toutes sortes de violences : de la brutalité meurtrière contre George Floyd à la marginalisation des minorités, en passant par les « microagressions » subies, au détour d’un mot ou d’un geste « inapproprié ».

Violence(s) en Grèce antique : quels enseignements aujourd’hui ?

Que les sociétés de l’Antiquité grecque soient, ou ne soient pas, tout du moins totalement, des sociétés de violence est une question avec laquelle on ne peut que difficilement trancher, tant cette dernière, la violence, s’y exprimant pourtant de manière structurante – nous y reviendrons – et diffuse, ne cesse d’être à la fois affirmée, justifiée, exaltée et, dans le même mouvement, critiquée, niée et conjurée. Du reste, encore faut-il être capable de définir la notion ô combien problématique de violence que la présente publication entend interroger, à partir de ses manifestations diverses, et à l’aune des enjeux socio-politiques actuels.

Violence : un mot et des réalités

Omniprésente. Intemporelle. Partout et tout le temps : ainsi va la violence. Ce n’est pas se payer de mots que de considérer qu’elle est consub­stantielle à l’humanité. Elle est visible et invisible, elle s’infiltre dans les moindres recoins de nos cités et prend des formes aussi diverses qu’il existe d’interactions sociales. Elle peut être fondatrice ; les mythes nous le disent ; elle est le plus souvent destructrice, quand bien même serait-elle créatrice.