La science entre fake news et instrumentalisation

La science est actuellement dans une forte zone de turbulences. Parce que l’analogie trop hâtive entre la science et le progrès amène inéluctablement des désillusions sur l’incapacité « scientifique » à répondre aux nombreux défis, notamment environnementaux, de notre planète. Parce qu’il est de plus en plus délicat de délimiter une frontière entre ce qui relève réellement d’une démarche scientifique, enfin parce que celle-ci représente un enjeu de combat entre intérêts divergents, ce qui entraîne fréquemment une reprise de l’argument scientifique dans une perspective de légitimation d’un propos, la science se retrouve alors instrumentalisée dans un champ de controverses.

« Plus que jamais nous devons mener le combat contre les idéologies anti-science »

Dès sa nomination en 1981 au ministère de la Recherche et de l’Industrie, Jean-Pierre Chevènement ambitionne de redonner à la France la puissance scientifique, technique et industrielle qu’elle a connue sous de Gaulle. Il déplore que depuis la présidence de Mitterrand, la science et la recherche ne soient plus une priorité gouvernementale. 

La mesure de la science

« La science va sans cesse se raturant elle-même. Ratures fécondes » écrit Victor Hugo dans le chapitre L’Art et la Science de son livre William Shakespeare. C’était en 1864 ; un siècle et demi plus tard nous arrivons à un point où il y a trop de ratures, la science croule sous ses ratures. Comment discriminer le juste du faux, l’utile de l’inutile ?

« L’UE doit veiller à ne pas se laisser distancer sur le terrain de jeu mondial de la science »

La recherche scientifique et l’innovation technologique se sont installées tardivement dans le projet européen. Les prémices de ce que l’on appellera à partir de 2000 l’espace européen de la recherche (EER) remontent au début des années 80 avec le vote du premier programme-cadre, pour un montant équivalent à 3,75 milliards d’euros.